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#70 – Jusqu’où aller dans le protocole de désinfection en endodontie ?

Que la pathologie endodontique soit d’origine infectieuse… je crois qu’il n’y a plus grand-chose à dire à ce sujet.

Que la désinfection soit une étape primordiale, une étape clé nécessaire pour un traitement endodontique, qu’il soit canalaire ou pas d’ailleurs, est une évidence aujourd’hui.

Mais jusqu’où doit-on aller dans la complexité, la sophistication des procédures de désinfection en endodontie ?

C’est ce que je vous propose d’aborder cette semaine pour la nouvelle réponse d’expert d’Endo Académie.

 

La clé d’un traitement endodontique efficace

💬 En 1965, Kakehashi démontrait de façon élégante l’implication des micro-organismes dans le développement des pathologies apicales d’origine endodontique. En résumé, il a montré qu’en exposant des pulpes dans la cavité buccale de rats stériles, c’est à dire sans aucun contact avec des micro-organismes, et bien non seulement la pulpe ne se nécrosait pas, mais au contraire elle se mettait à proliférer comme dans un processus de cicatrisation.

En revanche la même intervention sur des rats normaux, induisait la nécrose de la pulpe et l’apparition de lésions osseuses inflammatoires. Le contrôle de l’infection est donc la clé de tout traitement endodontique canalaire ou non. Et c’est pour cela qu’après les progrès faits sur l’instrumentation, puis les évolutions sur les techniques et les matériaux d’obturation, on a l’impression que toute la recherche (ou au moins la communication) des industriels s’orientent vers le contrôle de la désinfection.

On l’aura compris pour le moment, la solution d’hypochlorite de sodium reste la référence. Référence indiscutable même si la solution présente un ou plusieurs inconvénients. Reste la partie de l’activation, de l’agitation de la solution dans le canal.

 

Un embout qui optimise une phase de désinfection fastidieuse

🦷 Après l’activation ultrasonore ou mécanique avec des embouts dédiés, la société suisse Produits Dentaires propose actuellement un embout intéressant qui s’appelle l’Irriflex®. Il s’agit d’un embout en plastique qui présente une conicité de 4% avec deux ouvertures latérales dans sa partie apicale qui permet d’activer et de secouer la solution dans le canal préparé tout en assurant en permanence le renouvellement avec de la solution fraîche pendant toute la phase d’irrigation.

Ces embouts se fixent sur des seringues d’irrigation conventionnelle, et sont une aide réelle pour optimiser cette phase de désinfection que l’on doit reconnaître qui est un petit peu fastidieuse. Cet Irriflex® est proposé dorénavant par d’autres fournisseurs dit “marque blanche” sous des noms divers : Dentsply Sirona, FKG ou encore Komet les proposent dorénavant dans leurs kits de formation, ou à la vente.

Il y a bien d’autres moyens d’activation. On a parlé par exemple dans la réponse d’expert N°62 de l’intérêt du laser pour nettoyer le canal avant de le désinfecter. Est-ce que tout cela a un intérêt pour l’optimisation de la désinfection intra-canalaire ? Honnêtement bien malin est celui qui serait capable de le prouver, de le démontrer scientifiquement. Mais pour autant, cela a du sens.

 

Une étude qui tend à prouver l’influence de la contamination de l’environnement opératoire

Si je reviens sur cette notion de désinfection c’est parce que récemment, un article est revenu sur le sujet. Une équipe de King’s College s’est intéressée non pas aux méthodes de désinfection intra-canalaire, mais sur l’influence de la contamination du champ opératoire et des meubles autour du praticien, sur le contrôle de l’infection pendant un traitement.
En résumé dans cette expérimentation, ils ont créé deux groupes de patients :

  • 👉 Dans un premier groupe, ils ont réalisé le traitement canalaire de façon tout à fait conventionnelle en un temps et avec les procédures habituelles.
  • 👉 Dans le second groupe de patients, avant de procéder à l’obturation canalaire, ils ont tout changé : La digue, les instruments, les gants du praticien, les champs opératoires jetables du plateau technique, etc etc … Ils ont ensuite procédé à des prélèvements bactériens au sein du canal dans les deux groupes juste avant l’obturation.

Alors je vous la fais courte, vous pourrez lire l’article s’il vous intéresse…

Le nombre de bactéries persistant dans le canal dans le second groupe était significativement beaucoup plus faible que dans le premier. Mais plus important, le taux de succès évalué avec des CBCT est amélioré de 19% dans le groupe 2. Cette différence étant statistiquement significative.

 

Entre éco-responsabilité des EPI et taux de réussite ♻️

Alors en conclusion si l’on veut travailler proprement, il faut tout changer le consommable et les EPI avant l’obturation. Reconnaissez que ça ne va pas être quand même très pratique.

Alors que la pression de l’éco-responsabilité aurait plutôt tendance à nous inciter à être économe sur les EPI, si l’on suit les recommandations des auteurs, et bien nous allons plutôt entrer dans une phase que j’appellerai régressive. Pour être franc, je ne sais pas encore si je vais appliquer cette nouvelle directive…, ça n’en finira jamais.

 

À très bientôt !

Comments

  • Jean-Jacques CHASSERAUD
    5 octobre 2021

    J’ai été heureux de découvrir au stand Suisse de l’ADF la seringue d’irrigation lRRIFLEX à sa sortie.
    C’est sa finesse qui avait retenu mon attention au stand. Très important la finesse de manière à ce que le produit d’irrigation puisse s’échapper le plus facilement possible et donc de ne pas effectuer de pression à l’apex. Toujours à minima. Comme on devrait aléser en respectant l’anatomie interne des canaux avec des instruments fins manuels ou alternatifs dents… sans regarder le temps que l’on passe! Alors, notre métier est le plus merveilleux du monde. Mon gyromtic est a plus merveilleuse invention que je garde dans le “tiroir”! En réalité on ne devrait jamais changer sa façon de travailler tout en regardant les nouveautés! C’est un sujet qui demande réflexion!

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