#68 – L’importance de la radiographie pré opératoire

Dans mon exercice d’endodontie exclusif, je reçois tous les jours des courriers et des radiographiques dites pré-opératoires ou des panoramiques voire des Cone Beam. Ces documents sont destinés à nous aider à orienter le patient et sont utilisés lors de la première consultation. Je me suis rendu compte que ces documents finalement avaient tendance à biaiser mon analyse plutôt que de m’aider. Et dans cette réponse d’expert, je vais vous expliquer pourquoi.

La radiographie pré opératoire : faussement simple

Quand on a un exercice exclusif en endodontie, nous sommes amenés à recevoir des patients qui nous sont référés par des consœurs ou confrères qui nous font confiance.
Nous leur demandons dans la mesure du possible de nous adresser en pièce jointe au courrier une radiographie récente.
Cette radiographie a pour objectif de nous faire une première idée sur un éventuel traitement, et d’éviter par exemple à un patient une consultation inutile.

Lorsque ce n’est pas possible, ce n’est pas possible. Sur le papier on pourrait se dire, quoi de plus simple qu’une radiographie pré-opératoire.

Et bien en fait, ce n’est pas si simple.
Pas simple car malgré le fait que l’on nous ait bassiné avec la règle des plans parallèles et de la bissectrice, en sortant de la fac on prend très vite des travers.
L’apparition il y a une quinzaine d’année des capteurs épais et avec fils ont aggravé notre tendance à faire tenir le capteur au patient, un peu comme l’on peut.

Pourtant, lorsque l’on ne respecte pas la techniques des plans parallèles la déformation de l’image nuit gravement à son interprétation.

Regardez par exemple cette radiographie pré opératoire.
Les apex sont bien là, on comprend bien la nécessité de réintervenir sur cette dent.
Et certaines difficultés apparaissent.

Si maintenant, nous regardons cette radiographie là : Il s’agit de la même dent, de la même situation clinique le même jour. On a presque l’impression qu’il s’agit de deux patients différents.

On comprend bien sur cet exemple qui est loin d’être isolé, que la qualité de la radiographie pré opératoire est primordiale pour le diagnostic et la prise de décision en endodontie, voire même le diagnostic en général. Il n’est pas rare qu’une situation estimée comme très complexe sur une radiographie, se révèle en fait être moins compliquée lorsque le cliché est prix différemment.

Capteurs numériques et capteurs souples

Il est vrai que le développement des capteurs numériques type CMOS avec un fil complique la prise de ces clichés.
D’une part parce qu’ils sont épais, mais surtout parce qu’ils sont rigides et ne s’adaptent pas à la voussure du palais.
Sur un patient qui a un palais plat, cela s’avère assez vite compliqué.
Alors si l’on utilise ce type de capteur, on peut se réfugier derrière cette excuse !
Oui, mais en fait… non, car il existe bien des angulateurs adaptés aux capteurs et qui permettent de réaliser des clichés en respectant la technique des plans parallèles.

Sont-ils pratiques à utiliser ? Pour être honnête, ils le sont moins que pour une radiographie, mais ils s’adaptent à toutes les situations cliniques. Pour les avoir utilisé pendant une dizaine d’années, je peux témoigner qu’ils rendent un grand service.

Mais c’est aussi l’une des raisons pour lesquelles j’ai décidé de revenir aux capteurs souples type plaque au phosphore dont la taille et l’épaisseur sont identiques à ceux d’une film conventionnel.
Ces capteurs s’utilisent avec des angulateurs de Rinn conventionnels ou des pochettes et supports adaptés comme le propose dorénavant la société Dentsply par exemple.
Pour le coup, leur manipulation est identique à celle d’un bon vieux film argentique, avec la technologie en plus.

Certes nous sommes obligés de passer par la phase développement digital et on perd l’instantanéité de l’obtention du cliché.
Pour être franc je préfère perdre ces 10 secondes pour le développement. 10 secondes que j’aurais probablement perdues de toute façon en refaisant mes clichés avec un capteur plus épais.

C’est parfois dans les choses simples que l’on trouve une solution. L’utilisation des angulateurs, c’est un peu comme la digue… il faut s’y remettre. Et c’est aussi comme le vélo, on retrouve vite ses repères.

Alors pour faire une bonne radiographie pré-opératoire, je vous invite à retourner dans vos tiroirs, ceux où vous stockez ce qui ne vous sert plus. Vous voyez bien ce tiroir dont je veux vous parler ? Faites l’effort d’y retourner, et ressortez vos fameux angulateurs de Rinn. Il ne vous reste plus qu’à le monter dans le bon sens et à montrer à votre assistante comment faire ! Vous verrez ça revient très vite 🙂

A très bientôt !

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